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Recherche2018-08-31T16:04:06+00:00

Au cours de mon itinéraire professionnel, la clinique, l’enseignement et la recherche ont toujours été étroitement associés. La recherche m’est vite apparue indispensable pour mieux comprendre les processus psychiques à l’œuvre dans la clinique et apporter une évolution positive à ma pratique. Seule, l’activité clinique n’est rien, si elle ne s’inscrit pas dans une dynamique de réflexion et d’évaluation qu’apporte la recherche et si elle ne vise pas à transmettre les connaissances acquises. Et la recherche témoigne que tout savoir est provisoire et perfectible. Elle nous incite à l’humilité et nous engage dans des perspectives multiples, passionnantes et sources infinies de créativité.

Deux axes principaux de recherche ont progressivement orienté l’ensemble de mon travail : le traumatisme psychique et la dimension de transmission traumatique (au niveau institutionnel, comme au niveau familial). Ces deux axes se sont régulièrement rejoints avec des travaux sur le traumatisme psychique en situation collective et le développement d’études portant plus spécifiquement sur la clinique de l’enfant traumatisé, de la période périnatale à l’adolescence.

  • Signalement des professionnels de santé face aux suspicions de maltraitance de personnes vulnérables. Direction Hélène Romano et Adeline Gouttenoire. Université de Bordeaux – Centre Européen d’Études et de Recherches en Droit de la Famille et des Personnes.
    La maltraitance constitue un enjeu majeur de santé publique. L’attention portée à cette problématique a conduit à partir des années 70 en France à une réelle prise de conscience sociétale. De multiples textes juridiques et recommandations institutionnelles ont depuis été produits, mais force est de constater que sur le terrain, les signalements en situation de suspicion de violences restent délicats, en particulier lorsqu’il concerne des personnes vulnérables. L’étude prospective américaine menée en 2010 par Felitti & al., a démontré l’incidence néfaste des événements traumatiques sur la santé des victimes que ce soit au niveau somatique que des conséquences psychologiques. Selon ses résultats le principal déterminant de la santé à 55 ans est en effet d’avoir été exposé à des maltraitances dans l’enfance. Et plus ces violences ont duré, plus les répercussions sont majeures : accidentologie avec risque de mort précoce ; troubles psychopathologiques (névroses traumatiques, dépressions, troubles anxieux, troubles graves de la personnalité, addiction, tentatives de suicide et suicide), diabète, troubles alimentaires ; maladies cardio-vasculaires et respiratoires, maladies auto-immunes, troubles du sommeil, troubles de la sexualité, douleurs chroniques invalidantes, etc. Si cette étude confirme ce qui est repéré par nombre de spécialistes, force est de constater que les conséquences sur les mineurs continuent d’être sous-estimées, quand elles ne sont pas déniées. Elles sont pourtant très fréquentes puisque les recherches de suivis relèvent que les enfants victimes de maltraitances physiques ou témoins de violences seront près de 60 % à présenter des troubles psychotraumatiques et pour ceux exposés à des violences sexuelles ou des actes de barbarie, il est de plus de 80 % (Baubet & al., 2003 ; Romano 2013).

  • Qualité des liens d’attachement et processus de résilience chez les enfants nouvellement accueillis au sein des villages d’enfants SOS (2015-2018). Direction Hélène Romano & Boris Cyrulnik, Promoteur SOS Village d’Enfants.
    L’état actuel des connaissances sur le développement des enfants nous permet de savoir que tout enfant a besoin, pour se construire sereinement, d’être dans une relation à l’autre suffisamment sécurisante. Celle-ci est nécessaire pour qu’il puisse prendre confiance en lui, en l’autre et dans le monde extérieur. Cette attention qui lui est donnée, lui permet d’acquérir une sécurité psychologique indispensable pour que puisse se développer sa capacité à construire des liens avec les autres. Mais tous les enfants ne bénéficient pas d’un tel cadre et certains peuvent être exposés à des adultes censés prendre soin d’eux qui ne seront pas assez disponibles psychiquement pour le faire car trop préoccupés par leurs propres difficultés (maladie, perte d’emploi, deuil). D’autres subiront l’indifférence de leurs proches voire le rejet ou des actes de maltraitance.

    Pour ces enfants blessés par la vie, l’expérience relationnelle se réduit le plus souvent à une objectivation deshumanisante sans construction de sécurité affective interne : ils ne sont pas considérés comme des sujets, ni pris en charge en fonction de leurs besoins et de leur singularité. Réduit à l’état d’objets, ils ne peuvent pas s’individualiser et s’autonomiser de façon adaptée.

    Les enfants victimes de maltraitances ou d’événements traumatiques sont ainsi, plus que d’autres, exposés à des répercussions dans leur devenir de ces violences subies. Les conséquences peuvent être multiples (somatiques, psychiques, familiales, scolaires, sociales) et hypothéquer durablement leur développement.

    L’objectif de cette recherche descriptive et exploratoire était de mieux comprendre ce qui se met en place dans les premiers temps de la prise en charge en repérant les éléments qui permettent aux enfants d’aller mieux et de retrouver une sécurisation psychique suffisante pour se réinscrire dans la vie.

  • Recherche sur les blessures auto-infligées, leur dimension addictive et leurs liens avec les conduites addictives chez des adolescents mineurs de 11 à 18 ans fréquentant une maison des adolescents. Investigateurs (2018-2021). Sophie Fierdepied, aurélien Ribadier, Hélène Romano. Promoteur Association Nationale de Prévention en Alcoologie et Addictologie du Cher.
    Partant de questions issues du terrain de la prévention et de réflexions cliniques, cette recherche interroge la dimension addictive des comportements d’auto-blessures à l’adolescence. Elle questionne, d’une part, la vulnérabilité des adolescents fréquentant une Maison des Adolescents et pratiquant les auto-blessures, face aux conduites addictives et, d’autre part, les pratiques d’auto-blessures comme conduites addictives au sens où elles se présentent comme des conduites impulsives, répétées, capables de soulager une tension et dont le sujet ne peut se défaire malgré les conséquences négatives qu’elles induisent.

    A travers une méthode mixte qualitative et quantitative, cette étude a pour objectif général de vérifier s’il est possible de définir les conduites d’auto-blessures comme des conduites addictives en évaluant la place de ces auto-blessures dans le processus adolescent, leur dimension d’assuétude du point de vue subjectif des adolescents qui les pratiquent, l’existence de facteurs de risque psycho-sociaux (dimension de personnalité, impulsivité, alexithymie, événements de vie traumatogènes, caractéristiques socio-démographiques) et leur(s) corrélation(s) avec d’autres conduites addictives.

  • La maltraitance du nourrisson et les morts inexpliquées des bébés (2002-2005).
    Participation en tant que chercheur vacataire à cette recherche nationale, randomisée, rétrospective, contrôlée, multicentrique menée par le Dr Anne Tursz, pédiatre épidémiologiste à l’Inserm/Cermes. L’objectif était d’évaluer le nombre de morts suspectes de nourrissons de moins de un an et de mieux comprendre les processus maltraitants pouvant conduire au décès de bébés.

    Dans les suites de cette études plusieurs publications seront effectuées dont le rapport remis au ministère de la Justice.
    Tursz A, Crost M, Gerbouin-Rerolle P, Romano H, Beauté J. (2005). Quelles données recueillir pour améliorer les pratiques professionnelles face aux morts suspectes de nourrissons de moins de 1 an ? Rapport à la Mission de recherche droit et justice, ministère de la Justice.

  • Les représentations et la réalité de la parentalité chez les jeunes femmes ayant subi l’inceste, en fonction des modes de prise en charge (2010-2013).
    Co-direction avec le Professeur Régine Scelles de cette étude nationale, randomisée, rétrospective, contrôlée, multicentrique sur les conséquences des modalités de placement sur les représentations et la réalité de la parentalité chez des jeunes femmes ayant été victimes d’inceste dans leur enfance. Le promoteur était le laboratoire de Rouen Psy-NCA EA 4 700 et le financeur l’association des Docteurs Bru. Cette étude a mené à la soutenance d’une thèse de psychologie clinique par Soraya Minot.

  • Incidence du PTSD chez des patients ayant eu un syndrome de Lyell-Stevens-Johnson (2010-2013)
    Investigateur dans cette recherche dirigée par les Professeurs J.C. Roujeau et F. Bellivier. Le Promoteur étant l’Unité de Recherche Clinique de l’Assistance Publique/Hôpitaux de Paris. Les syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson, ou nécrolyse épidermique, sont des maladies dermatologiques aiguës et très graves le plus souvent provoquées par une « allergie médicamenteuse », et caractérisées par la destruction brutale de la couche superficielle de la peau (épiderme) et des muqueuses (épithélium). Il s’agit donc d’une maladie exceptionnelle (environ 120 cas par an en France), très grave, avec un pronostic vital mis en jeu à la phase aiguë (mortalité est de 20 à 25 % pendant l’hospitalisation). Les séquelles invalidantes sont fréquentes (séquelles oculaires, pulmonaires, gynécologiques chez les femmes, dermatologiques). L’objectif de cette étude était d’évaluer l’intensité des manifestations psychologiques évocatrices d’un syndrome de stress post-traumatique.