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Questions posées

Objectifs & questions posées

Ce qu’est une Conférence de consensus

Méthode standardisée de conduite scientifique d’un processus de réflexion collective visant à débattre de questions controversées et à aboutir à des recommandations publiques
(CNRS – juin 2006 – colloque " Sciences & sociétés en mutation ")
La conférence de consensus vise donc à dégager au sein de la communauté concernée les points d’accord et de divergence relatifs à des questions majeures et des pratiques qui leur sont associées. Elle doit permettre de générer et de diffuser les informations de nature à faire changer les pratiques inappropriées, dans le but d’améliorer la
qualité des interventions auprès du public. C’est donc à la fois un état de l’art et des connaissances, et une aide à la décision pour les professionnels, particulièrement sensible pour ceux exerçant en relation directe avec la personne humaine. Les domaines de la santé, de l’éducation et du droit en France se sont logiquement engagés dans ce processus depuis quelques années, à la suite d’autres pays.

Ainsi dans l’éducation : conférence de consensus sur L’enseignement de la lecture à l’école primaire en 2003 organisée par le PIREF (Programme Incitatif de Recherche en Education et Formation) ; dans le droit : Les bonnes pratiques judiciaires de l’expertise civile en 2007 organisée par la Conférence des Premiers Présidents de cours d’appel, et surtout
dans la santé : l’ANAES (Agence nationale d’Accréditation et d’Evaluation en Santé – anciennement ANDEM) a-t-elle définie une base méthodologique pour leur réalisation en France. Elle y distingue alors la conférence de consensus de la démarche RPC (Recommandations pour la Pratique clinique).

Dans le domaine médical, plusieurs conférences de consensus sont organisées chaque année, dans chacune des spécialités médicales ou sur des questions plus transversales et interdisciplinaires comme " l’accompagnement des personnes en fin de vie et de leurs proches " en janvier 2004.

Motivation pour réaliser une conférence de consensus en psychologie 
L’interrogation grandissante du public, et des parents en particulier, concernant la multiplicité des pratiques psychologiques, les usages incertains des mesures en psychologie de l’enfant, ainsi que l’actualité médiatique (sur le QI notamment) appellent l’urgente nécessité de conduire, au sein de la discipline et de la profession elles-mêmes, une réflexion approfondie sur les actes, les écrits professionnels et sur la responsabilité afférente.

La volonté des psychologues de l’enfance de veiller aux conséquences de leurs démarches diagnostiques, de rendre publiquement compte de leurs réflexions et actes professionnels, voire de remettre en cause leurs pratiques, témoigne du souci d’améliorer la qualité des services rendus au public en général et aux personnes consultantes en particulier. Il
leur incombe en fait de renforcer la crédibilité de leurs interventions et de garantir un maximum de compétences dans ce domaine tout en accompagnant les évolutions sociales. C’est déjà dans cet esprit qu’un groupe de 9 psychologues spécialistes de l’examen psychologique de l’enfant ont exprimé leur malaise et leur inquiétude dans un texte collectif Des
psychologues s’interrogent sur le QI et certains de ses usages (2005)2 signé un an plus tard par 700 psychologues. Ils y interrogent l’enjeu des " statuts " scientifiques, cliniques, éthiques et juridiques des mesures en psychologie de l’enfant et des implications de leur transmission : impact sur les enfants et leurs familles, utilisations détournées ou abusives …
La médiatisation et l’interrogation grandissante du public sur ces questions d’usages des mesures en psychologie de l’enfant appellent en priorité les réponses des professionnels eux-mêmes.

Avec la démarche de conférence de consensus, le questionnement fondamental dépasse les intérêts particuliers et les positions approximatives ou rigides ; il intègre les points de désaccord et de débat, il ouvre de nouvelles perspectives de recherche et d’études, pour aboutir à un autre mode de définition de l’intérêt général, pour envisager de nouvelles pratiques que celles qui prévalent aujourd’hui.

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