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Année 2007

Le Parisien - 24 01 2007

 Les urgences psychologiques de plus en plus sollicitées

Daniel Rosenweg | 24.01.2007
EN 2006, 833 personnes ont été prises en charge par la cellule d’urgence médico-psychologique - CUMP - du Val-de-Marne. Soit un total de 42 interventions pour soutenir des témoins ou des victimes de traumatismes. Notamment des morts violentes, dont au moins cinq se sont produites en milieu scolaire. Un chiffre impressionnant quand on sait qu’au niveau national, l’ensemble des CUMP a déclaré près de 200 interventions. Ce bilan étonnant a été évoqué hier devant les quelque 140 participants à la 3 e journée scientifique, organisée tous les deux ans par la cellule du Val-de-Marne. Les chiffres sont en constante hausse depuis sa création. Près de 400 enfants concernés

" Nous avons la chance, contrairement à d’autres départements, d’être installés dans les mêmes locaux que le Samu ", expliquait hier avec modestie Hélène Romano. Psychologue coordonnatrice de la CUMP 94, elle est docteur en psychopathologie et psychothérapeute spécialisée dans le traumatisme et la maltraitance. Mais si cette structure de soutien psychologique intervient bien dans la foulée du Samu, dès lors qu’un traumatisme est suspecté, la cellule val-de-marnaise et son savoir-faire désormais reconnu sont également intervenus en renfort, l’été dernier à Roissy, lors de l’arrivée de 14 000 réfugiés fuyant la crise libanaise. Le quotidien de cette petite équipe constituée d’un psychologue et d’un psychiatre à mi-temps est souvent moins médiatisé, mais plus traumatisant : " Mère de famille retrouvée noyée dans sa baignoire, explique Hélène Romano, accident du travail, décès d’élèves dans un établissement ou suicide devant témoins, viol au centre d’hébergement, meurtre à domicile... " L’importance de ces CUMP, créés après les attentats de 1995, n’est plus à démontrer dans le département. Surtout quand on sait que ses interventions ont concerné des enfants dans 48 % des cas. " Beaucoup d’adolescents qui craquent aujourd’hui ont connu des traumatismes qui n’ont pas été pris en charge. Souvent parce que leur douleur n’a pas été décelée ou a été banalisée ", rapporte la coordonnatrice de la CUMP 94 qui appelle de ses voeux la création d’une " unité de consultation psychotraumatique dédiée aux enfants, comme il en existe à l’hôpital Necker ". Mais pour l’heure, cette idée ne figure pas parmi les priorités de l’Assistance publique. Pas plus que celle d’accroître le temps de travail de ses permanents débordés par l’ampleur de la tâche, malgré l’aide ponctuelle de 15 volontaires.

Le Parisien
Cet article a été publié dans la rubrique Val de Marne

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